Nouveau binôme président-directeur : une vision commune pour le GPF

Written by

Début novembre, Jérôme Joussouy a pris la Direction du GPF, et Thierry d’Andigné a succédé à Jean-Paul Gauthier à sa Présidence. De cette direction renouvelée émanent de nouvelles initiatives, une simplicité fidèle à l’ADN discret de la Coopérative, ainsi que des convictions profondément alignées avec celles des fondateurs.

Bonjour à tous les deux,
Vous prenez pour l'un la Direction du GPF et pour l'autre la Présidence de son Conseil d'Administration. C'est un changement important pour votre Coopérative qui célèbrera cette année ces 50 ans et porte une histoire et une identité fortes.
Qu’est-ce qui, selon vous, fait sa singularité par rapport aux autres acteurs du secteur ?

Thierry d’Andigné : “Il y a cinquante ans, soixante propriétaires forestiers ont choisi de se rassembler pour fonder le « Groupement des Producteurs Forestiers de la Haute-Loire » (GPF 43). Depuis, notre structure a grandi, mais elle s’est construite sur un savoir-faire discret, solide, ancré dans la réalité des forêts et du terrain. Au fil des décennies, nous avons régulièrement réaffirmé notre engagement pour un ancrage local fort, profondément territorial. Certaines coopératives ont fait le choix de mutualiser leurs forces au sein de regroupements plus larges ; c’est une voie qui a sa cohérence, mais qui ne correspond pas à la façon dont nous concevons notre mission.

Ce positionnement exige, en retour, une grande rigueur dans la qualité de nos interventions, ainsi qu’une attention constante à la préservation de nos moyens humains et financiers. C’est cette ligne que nous continuons de suivre aujourd’hui, fidèles à l’esprit de nos fondateurs.”

Jérôme Joussouy : “Ces choix constants ont permis au GPF de s’inscrire dans la durée. Notre coopérative est aujourd’hui solidement reconnue sur son territoire, portée par une gestion prudente et responsable. Nous restons humbles et pragmatiques : notre seule ambition est de bien faire notre travail au service des adhérents et de la forêt. C’est dans cet esprit que nous continuerons à préserver notre indépendance.”

Comment cette singularité se traduit-elle concrètement dans votre manière de servir les adhérents et de défendre leurs intérêts ?

Thierry d’Andigné : “Au cœur du modèle du GPF, dans son ADN même, réside la relation individualisée entre chaque adhérent et son technicien de secteur. Nos techniciens prennent le temps d’écouter et d’accompagner toutes les demandes des propriétaires forestiers, qu’elles concernent l’exploitation de bois mûrs, des situations sanitaires délicates ou des questions d’ordre fiscal.”

Jérôme Joussouy : “En effet, nos adhérents ont presque toujours un seul interlocuteur : leur technicien. Cette continuité crée écoute, connaissance fine des forêts et réactivité, dans un climat de confiance renforcé par notre taille humaine. Par exemple, lorsque l’un de nos techniciens a annoncé son départ à la retraite après trente cinq ans de service, nous avons préparé une transition longue et sereine pour préserver cette relation unique. Thierry Philippon et Manu Garcia, son successeur, travaillent en binôme depuis plusieurs mois pour que cette transition se fasse de manière fluide et efficace. Enfin, parce que nos techniciens sont la véritable valeur ajoutée de la coopérative, nous veillons à les fidéliser : notre très faible turn-over contribue directement à la qualité durable du lien avec nos adhérents.”

Quelles sont aujourd’hui les valeurs qui guident votre action au sein de la coopérative ?

Thierry d’Andigné : “Une coopérative fonctionne avant tout… sous un mode coopératif : nous gérons la forêt de nos adhérents comme si c’était la nôtre, avec donc une forte exigence de confiance et de transparence. Cette responsabilité inclut aussi l’animation d’une équipe d’hommes et de femmes engagés, pour qu’ils puissent s’épanouir encore davantage dans un métier qu’ils aiment profondément.” 

Jérôme Joussouy : “Les 50 prochaines années ne ressembleront pas aux 50 dernières, entre le réchauffement climatique, l’évolution des besoins de la filière et le regard changeant de la société sur la forêt. Face à ces grandes incertitudes, nous devons préserver la forêt, sécuriser sa gestion, garantir des performances économiques, tout en restant souples, rigoureux, passionnés et curieux. Dans ce contexte, la satisfaction de nos adhérents reste notre boussole.”

Comment ces valeurs se concrétisent-elles au quotidien, dans vos relations avec les adhérents et au sein des équipes ? Ainsi qu’avec vos partenaires ?

Thierry d’Andigné : “Jérôme et moi venons tout juste d’arriver mais nous souhaitons mettre en place un management plus participatif : les salariés doivent pouvoir contribuer aux décisions et aux projets, même si nous trancherons à la fin. L’idée que “le chef sait tout” est fausse !

Cet état d’esprit guidera nos actions avec les adhérents, les propriétaires forestiers, nos sous-traitants, nos clients et toutes les parties prenantes.”

Jérôme Joussouy : “L’ADN du GPF et ses valeurs sont pleinement partagés par le conseil d’administration comme par l’équipe opérationnelle. Thierry et moi jouons, chacun à notre manière, un rôle de lien entre ces deux groupes et l’ensemble des acteurs de la filière bois, des propriétaires jusqu’aux transformateurs. La circulation ouverte de l’information renforce la confiance et l’engagement. A ce titre, nous prévoyons de constituer des groupes de travail associant administrateurs et collaborateurs, en fonction des appétences de chacun, de ses expertises. Je crois profondément que cette complémentarité sera un véritable atout pour avancer avec justesse et pertinence. La responsabilisation des salariés est également essentielle : chacun doit pouvoir agir et contribuer aux résultats de l’organisation.

Nous avons aussi la chance de pouvoir nous appuyer sur un solide réseau de partenaires : bûcherons manuels ou mécanisés, débardeurs, transporteurs, pépiniéristes et planteurs. Leur savoir-faire, leur fiabilité et leur exigence assurent la qualité de nos interventions. Le GPF tient à poursuivre cette relation de confiance basée sur le respect mutuel et la reconnaissance des métiers.” 

Vous engagez la Coopérative dans une modernisation des outils et méthodes de travail : quels changements importants allez-vous mettre en place pour accompagner cette transformation ?

Thierry d’Andigné : “Le Conseil d’Administration est décidé à engager la Coopérative dans une dynamique d’évolution profonde de nos outils et de nos pratiques. Par exemple, nous avons très vite compris qu’il nous fallait faire évoluer notre infrastructure informatique. Pas pour faire « plus moderne », mais parce que c’est indispensable si l’on veut porter des projets de dématérialisation et de simplification qui facilitent réellement le quotidien des équipes. L’objectif est vraiment de disposer d’outils qui s’adaptent à nos besoins, au travail de nos techniciens, et qui nous permettent d’avancer sereinement.

Et puis, derrière tout ça, il y a un point fondamental : améliorer la qualité de l’information que nous transmettons à nos adhérents. Avec ces nouveaux outils, nous allons pouvoir leur apporter des données plus fiables, plus claires, et plus rapidement accessibles. C’est une étape importante pour mieux accompagner chacun d’eux.”

Jérôme Joussouy : “Nous sommes en France, et plus largement en Europe, et on se retrouve souvent face à une quantité de démarches administratives et documentaires qui peut vraiment interroger. Il y a parfois un vrai décalage entre ce qu’on nous impose et les réalités opérationnelles de notre métier de forestier.

C’est d’ailleurs un sujet majeur pour nous : si l’on veut gagner en efficacité, il va falloir analyser notre fonctionnement, simplifier certaines étapes, arbitrer quand c’est nécessaire. Le temps de chacun est précieux, et il doit être utilisé pour créer de la valeur et apporter de la fiabilité. L’idée, ce n’est pas de subir les contraintes, mais d’en faire des opportunités pour mieux travailler.

L’enjeu maintenant, c’est d’intégrer toutes ces obligations dans des flux de travail qui soient vraiment optimisés, cohérents et adaptés à ce que nous faisons au quotidien.

Pour nos adhérents, nous prévoyons par exemple de pouvoir leur envoyer de manière régulière un suivi de l’avancement des chantiers sur leur propriété. En effet, entre le premier acte (représenté par la convention d’apport) et le dernier (la rémunération d’apport), il y a des opérations distinctes qui peuvent faire oublier la globalité de l’opération. A la fin, l’adhérent doit avoir une synthèse claire et complète.

Pour nos salariés, nous allons simplifier notre système informatique interne afin de réduire le nombre de saisies nécessaires et de rendre l’outil facilement accessible, où que l’on se trouve. L’ERP centralisera l’ensemble des informations, permettant aux équipes de se concentrer principalement sur un contrôle simplifié pour détecter d’éventuelles incohérences et mettre en place des actions préventives ou correctives.

Cela concernera, par exemple, les étapes de fin de marquage, la validation avec l’exploitant, la déclaration de fin de coupe, le suivi du transport, la réception en usine ou encore la saisie du volume réellement coupé. L’objectif est de proposer un outil qui allège la charge de travail des équipes, améliore la transparence des processus et génère des économies, notamment en matière d’impression.”

Quels effets attendez-vous de ces changements ?

Thierry d’Andigné : “Cela va d’abord améliorer le bien-être au travail, ensuite renforcer la satisfaction des adhérents, et au final accroître notre efficacité collective.”

Jérôme Joussouy : “Ces évolutions vont véritablement améliorer les conditions de travail : un environnement agréable, serein et positif pour nos équipiers, le plaisir et la tranquillité d’esprit pour les propriétaires lorsqu’ils gèrent leurs forêts avec nous, et la satisfaction ainsi que la fierté du travail bien fait pour chacun. Elles permettront aussi de gagner en efficacité, en rendant nos actions plus fluides, plus cohérentes et plus performantes au quotidien. En somme, il s’agit de permettre à tous de ressentir la joie d’être de bons passeurs de forêts, en donnant du sens et de la valeur à notre engagement quotidien.”

Last modified: 10 décembre 2025